La route reprend, et nous avançons sur une de ces larges routes corses, Smooth ou Lourau dans les oreilles.
Dans un virage, nous nous arrêtons comme tout bon touriste passant ici. C'est vrai que d'ici, la vue est très jolie. On voit la mer, les collines, et puis surtout, Le Lion. Un gros rocher
surplombant la colline en face a choisi de lion prendre forme. Il regarde royalement la mer. Si prendre une photo de ce lion lui enlève un peu de son âme, il n'en a assurément pas plus qu'un
vulgaire rocher. Mais les hommes ont toujours aimé voir dans la nature des formes pouvant représenter quelque chose d'autre. Parfois c'est un peu tiré par les cheveux, mais ne tirons pas sur
la crinière de cet animal-là.
En y repenssant, je me dis qu'alors nous ne pouvions voir en ce félin africain le symbole zoologique marquant le début de la faune variée et néanmoins abondante que nous allons bientôt
rencontrer.
Je pourrais dire que je n'ai pas voulu être le énième photographe immortalisant cette vue. Que j'ai un regard bien plus personnel sur les choses, mais non : les couleurs sont ternes à cause d'un
gros voile de nuages gris et épais, le soleil commençant à descendre face à nous nous offre un splendide contre-jour, essayant de faire un mémorable panorama j'ajuste mal le zoom, mes mains un peu
tremblantes ne stabilisnent pas l'appareil.... bref, j'ai tout simplement tellement raté mon image qu'elle ne fait pas honeur à ce splendide site.
Le camping est par là, au pied du lion lit-on dans le guide. Chouette! On y est presque!
On ressaute dans la voiture qui avale les derniers kilomètres qui nous séparent de notre futur havre de paix, notre cocon éphémère, notre.... Ah mince, finalement la route tourne vers l'Est et il
n'y a plus de croisements. La vue sur la côte est belle, mais nous tournons le dos au lion et à moins d'effectuer une manoeuvre de demi-tour, nous ne pourrons pas parvenir à destination. Après
quelques coups de volants judicieusement placés, nous revoilà dans le virage panoramique, puis voilà le chemin que l'on avait raté, et enfin le camping est ici.
Un processus de montage de
camp s'engage alors. Les différents protagonistes pourraient peut-être alors, vus par un regard
extérieur et surtout imaginatif, être comme deux danseurs harmonieux présentant une chorégraphie aux gestes précis comme mille fois répétés. Enfin bon j'en fait peut-être un peu trop quand même
là.
Pour courroner le tout, deux pins sur l'emplacement permettent d'accrocher le hamac pour donner un air de farniente encore plus prononcé.
Equipés de notre matériel de plongée sous-marine, nous marchons main dans la main sur un chemin qui guide nos pas vers une plage de sable blanc. Enfin blanc foncé quand même. Oui bon, gris comme le
ciel en fait. Mais quand on tient son soleil par la main, nul besoin de s'attarder à essayer de trouver les mots qui pourraient tenter de faire ressembler cette plage à un vieil immeuble d'une
banlieue sous la pluie. (Et hop mine de de rien j'ai placé un joli compliment quand même là non?)
Encore une fois, ce ne sont que mes photos qui peuvent rendre ça terne, mais à ce moment-là ce n'est certainement pas comme ça que je le voyais.
Une rapide observation nous permet de choisir une place pour nos serviettes.
Ah! On comprend pourquoi ce coin est vide : des guêpes ou des abeilles volent autour dans les petites plantes au ras du sol. Mais ni ça, ni mes doutes intérieurs au sujet des serviettes de bain
n'empêcheront ma chute dans les profondeurs sombres et obscures de la sieste.
Ah je regrette de ne pas m'être décidé, elle était grande et douce cette serviette que nous avons vu. Mais aurais-je assumé cette couleur orange avec cette tête de Corse géante? Et ces petites
têtes dorées qui la bordent?
zzzzzzz
Mais ma mémoire me joue des tours. Maintenant je me dis que je crois que nous n'avons fait la sieste qu'après la baignade.
Nous avons aussi eu droit à un petit spectacle d'une troupe de canards marins. Arrivés d'on ne sait où, barbottant dans les vagues où parcourant le sable à la recherche de bouts de pains offerts
par les touristes, avant de s'envoler de concert vers d'autres horizons. Leur représentation n'a pas été sans attirer des regards admiratifs.
Nous avançons d'un pas décidé vers cette eau si claire, plate et limpide. Le fond n'est que sable blanc et ne descend qu'en pente très douce.
Nous avançons mais il n'y
"AÏE" Aurélie derrière vient de se faire piquer. Une petite méduse à la surface. Bon, pas plus inquiète que ça, plus de peur que de mal, nous continunons vers la
bordure avec des rochers : il y aura peut-être des poissons là-bas. Evitant d'éventuelles hordes de méduses à la surface, j'accrois spéctaculairement ma capacité à l'apnée et ne remonte à la
surface que le temps de prendre une aspiration par mon magnifique tuba à soupape, en pensant aux requins assassins, aux pieuvres géantes et tout ces inquitantes créatures du milieu de vie dans
lequel je suis.
Finalement, il y a quelques petits groupes de poissons diaphanes et argentés, comme pour mieux se camoufler.
Mais une autre méduse pique Aurélie, cette fois ça fait vraiment mal alors on décide de sortir de l'eau.
La piqûre gonfle rapidement, elle est un peu impressionnante, mais heureusement la douleur semble se
dissiper plutôt vite.
De retour au camping, nous serons les seuls clients du snack-bar. Motivés par un steack-frites, nous n'aurons droit qu'à un maigre panini-rosé avalés à une table en terrasse. C'est l'occasion de
rédiger quelques cartes postales. Nous avons prévu une rando en montagne pour le lendemain, mais les prévisions météo ne sont pas très optimistes. Qu'en sera-t-il?